Les critères de sélection ne sont pourtant pas nombreux. La plage de température et le type de garnissage suffisent en général à créer une première sélection. La qualité de fabrication, les matériaux utilisés, la forme et le volume du sac de couchage permettent ensuite d'affiner le choix.

La plage de température, c'est la zone de confort dans laquelle il est permis d'envisager que l'on puisse dormir dans un sac de couchage. Elle peut varier d'environ 5°C d'un individu à l'autre, et n'est pas d'un précision absolue. Il est ainsi souvent plus facile de s'exprimer en "saisons" qu'en degré pour un sac de couchage: été, trois saisons, hivernal, expédition,... Cette plage d'utilisation a aussi une limite supérieure qui se situe à peu près à 20°C de la limite basse. Un sac -10°C confort sera donc utilisable jusqu'à +10°C s'il est fermé. S'il fait +15°C dans la tente, il faudra ouvrir le sac de couchage pour essayer de dormir, et de l'air frais à +15°C viendra alors vous réveiller, et il faudra fermer le sac. Au final, vous dormirez peu. Cette limite haute est donc à prendre en considération.

Les modèles de sacs de couchage les plus polyvalent étant bien sûr les modèles trois saisons. Mais la polyvalence n'est pas toujours la meilleure idée dans le choix du matériel. Si vous ne sortez habituellement qu'en été, vous porterez un sac deux fois trop lourd pour ce type d'utilisation. Et le jour où vous vous déciderez pour un trek au Nepal, les -10°C de votre modèle seront à peine suffisant pour passer des cols à 5000m. Il ne faut choisir un modèle de sac de couchage trois saisons que si l'on envisage de dormir en montagne seulement et régulièrement d'avril à octobre. Et surtout pas au "cas où" on pourrait en avoir besoin un jour. La meilleure polyvalence sur l'année et en toutes conditions est plutôt de choisir un premier un sac d'été +5° ou 0°C et ensuite un autre pour l'hiver -15° ou -20°, si l'on en a vraiment besoin.

Le choix du garnissage devrait être tout aussi simple, puisque le duvet est une bien meilleure option que le synthétique... tant que le synthétique n'est pas indispensable. Si vous envisagez un trekking en Patagonie ou en Islande, la première contrainte sera l'humidité et son corollaire, le temps de séchage du matériel. Le sac de couchage synthétique sera à privilégier. Pour les expéditions polaires de longues durées, le duvet finira par perdre une partie de son efficacité à cause de l'humidité dégagée par le corps et qui en températures toujours négatives, ne séchera pas. Là encore, le synthétique est à conseiller, bien qu'il existe des solutions pour tout de même utiliser du duvet dans ces conditions...

Dans toutes les autres situations (ou presque), le sac de couchage en duvet s'impose comme le meilleur choix. Il est plus léger, plus compressible et d'une meilleure longévité que les garnissages synthétiques. Le dernier argument n'étant pas le plus courant, il est bon de préciser que les sacs en synthétique perdent plus rapidement leur gonflant lorsqu'ils sont compressés. Le duvet se lave bien (en été quand il fait chaud, car le séchage est long) et retrouve ensuite son gonflant naturel.

La qualité du duvet utilisé en garnissage est facile à définir grâce à l'information du "Filling Power" (pouvoir gonflant), qui est un indice de qualité allant d'environ 400 à 800. Le niveau 600 correspond à "bon", 700 à "très bon", 800 à "excellent". Les fabricants américains arrivent à annoncer des indices de 850, mais il faut savoir que leur mesure n'est pas tout à fait la même qu'en Europe, et que leurs résultats sont majorés d'environ 5%. Un filling power américain de 850 correspond donc à peu près à un filling power Européen de 800. Ces chiffres ne doivent de toute manière pas être considérés à la virgule prêt, car maintenir un tel niveau de qualité (800) constante sur toute une production doit être bien délicat.

Ce qu'il faut retenir du filling power, c'est qu'il faudrait deux fois plus de duvet en qualité 400 qu'en qualité 800 pour obtenir le même niveau d'isolation. On ne peut donc réaliser des sacs de couchage ultra-légers qu'avec la qualité de duvet maximale. Ce niveau de qualité est également un gage de meilleure longévité, de séchage plus rapide car il y a moins de matière, et de meilleure respirabilité pour la même raison.